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Surveillance de l’amiante dans l’eau potable

L’Anses se penche depuis 2017 sur les risques liés à l’ingestion des fibres d’amiante possiblement présentes dans l’eau potable issues des canalisations en fibrociment. Conclusion : aucune certitude possible, mais une surveillance à instaurer.

Les risques de cancers gastro-intestinaux liés à l’ingestion d’amiante, notamment par la consommation d’eau potable ayant circulée dans des canalisations en amiante-ciment, seraient-ils sous-estimés ? Pour essayer de répondre à cette question, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a conduit une revue systématique de la littérature scientifique à ce sujet. Cette analyse a été lancée à la suite d’une première lecture critique par l’agence de deux articles de scientifiques italiens, qui alertaient sur cette question et appelaient à des études épidémiologiques.

Si dans son dernier avis, l’Anses considère que les études menées jusqu’à présent sont insuffisantes pour se prononcer sur le lien entre l’ingestion d’amiante et les cancers digestifs, elle pointe cependant « des signaux » à prendre en compte. Ainsi des observations ponctuelles demanderaient à être confirmées concernant l’œsophage, l’estomac, le côlon (colorectal) et le pancréas.

Pour améliorer la caractérisation du danger, l’agence recommande de mener de nouvelles recherches sur les modes de migration des fibres d’amiante vers les organes digestifs, après ingestion et inhalation. Chez des patients ayant eu une exposition professionnelle à l’amiante, elle préconise des études de biométrologie pour caractériser la charge en fibres d’amiante dans les organes digestifs. Elle propose également d’évaluer la faisabilité de la réalisation de nouvelles études ou de la mise à jour des études épidémiologiques existantes sur l’ingestion d’amiante. Celles-ci pourraient s’appuyer sur les bases de données contemporaines et améliorer ainsi la caractérisation de l’exposition. L’Anses recommande également de s’appuyer sur des réseaux pluridisciplinaires internationaux.

« Un effet sur la santé ne pouvant être écarté, le groupe de travail émet, en premier lieu, des recommandations pour la surveillance des fibres d’amiante dans l’eau et pour la surveillance de la dégradation des canalisations en amiante-ciment », pointe l’agence.

Mesurer la concentration des fibres dans les réseaux

En France, les canalisations de ce type sembleraient peu fréquentes. Les données accessibles sur le patrimoine national des réseaux d’eau potable ne sont toutefois pas récentes. Elles reposent sur une estimation réalisée en 2002 par Jean-Michel Cador, actuellement directeur du département de géographie de l’université de Caen. Ce dernier tablait alors sur un linéaire national en amiante-ciment de 36 000 km, soit près de 4 % du réseau.

« Les risques d’émissions de fibres à partir de canalisations en amiante-ciment dans les eaux distribuées restent faibles lorsque les canalisations sont installées dans des sols stables et non agressifs, et transportent une eau calcifiantesoulignent les experts de l’Anses. Toutefois, ces risques ne peuvent pas être écartés en cas de canalisations très détériorées (friables). »

À ce jour, il n’existe pas d’obligation réglementaire de rechercher les fibres d’amiante dans l’eau potable. L’amiante ne figure pas non plus dans la version révisée de la directive européenne sur l’eau potable du 16 décembre 2020. « À ce stade, au vu des conclusions de la présente expertise et des limites des corpus d’études examinés, l’établissement d’une valeur guide fondée sur des critères sanitaires dans les EDCH [eaux destinées à la consommation humaine] n’est pas possible, indique l’Anses. Le groupe de travail n’a pas d’argument scientifique pour fixer un nombre maximal de fibres d’amiante par litre d’EDCH à ne pas dépasser, ni pour conclure sur un risque pour la santé liés aux fibres selon leur taille ou leur type. »

L’Anses préconise néanmoins un suivi du relargage des fibres dans l’eau potable par les canalisations en amiante-ciment. Des techniques d’inspection en ligne non destructives pourraient également être développées pour connaître l’état de vétusté des canalisations en amiante-ciment. « Le groupe de travail partage la recommandation de l’Organisation mondiale de la santé qui, dans son projet de document de mise à jour des valeurs limites dans l’eau, préconise également de réaliser des campagnes d’analyses pour mettre à jour les données disponibles de contamination des EDCH concernant les concentrations, tailles de fibres et types d’amiante dans l’eau provenant des canalisations en amiante-ciment anciennes », souligne l’Anses.

L’agence estime que la méthode recommandée pour la surveillance des fibres d’amiante dans l’air, par microscopie électronique à transmission analytique (Meta), pourrait être mise en œuvre pour le mesurage des fibres d’amiante dans l’eau. « La détermination d’une stratégie d’échantillonnage est nécessaire afin de prendre en compte l’impact des fluctuations hydrauliques des réseaux sur les concentrations observées », note l’agence.

Elle interpelle également sur l’importance de communiquer les résultats obtenus aux échelles régionale et nationale, pour des fins d’étude ou de surveillance épidémiologiques.